Le 14 octobre 2007 à l'aéroport international de Vancouver, un immigrant polonais nommé Robert Dziekanski est mort après avoir reçu des décharges de pistolet électrique par un agent de la GRC. Marquée par ce tragique événement, Marie-Célie Agnant en a fait le point de départ de ce récit fictif. La jeune Mona se souvient de son amie Zofia, la mère de Robert, endeuillée, qui retourne en Pologne auprès de la dépouille de son fils. Elle revient sur les moments de bonheur avant la mort de Robert et met ensuite l'accent sur la douleur de Zofia et la cassure que cette disparition a causé en elle. À la fois exploration des traumatismes causés par la haine, l'incompréhension et l'exclusion, et célébration de l'amitié, de la vie et de l'empathie, ce récit se fait le porte-voix de celles et ceux sur qui la violence s'est abusivement abattue un jour et dénonce la mort brutale de Robert Dziekanski, de George Floyd, de Joyce Echaquan et du jeune Nooran Rezayi. C'est un livre qui attaque le racisme et l'inégalité des vies dans nos sociétés, et qui soulève le problème de la faim, utilisée comme arme de guerre, que ce soit au Soudan, en Haïti ou à Gaza.
Dans le carnet qui l'accompagne partout, Mona note ceci pour demeurer vivante : Écrire pour ne pas céder au gouffre, écrire pour maintenir vivante la lumière vacillante de ce qui a été partagé. Écrire, finalement, parce que la fidélité à la mémoire est le dernier refuge quand tout menace de se dissiper, et que l'amitié, dans sa nudité, devient le rempart contre la nuit immense.
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